NT 4.0

8 avril 1997

(article paru dans le Mi-Chronique No 54 d’avril 1997 et retrouvé en mai 2008)

Petite précision avant tout, les considérations que j’établis ici sont une découverte de NT 4.0 vu de la part d’un utilisateur de DOS et OS/2. Au départ, mon système est configuré ainsi:

Unités C: FAT, 255Mb; D: FAT 267Mb; E: HPFS 1,1Mo; F:HPFS 277 Mo

Un « Boot Manager » utilise 1 Mb avant la partition C:, il me permet de Booter en DOS5 -OU- OS/2. Dans le premier cas, seules les partition FATs sont vues par DOS, soit C: et D:

Il est équipé d’une carte son SB16, 32 Mb de RAM et d’un P133. Pour ne pas tous casser, je me propose d’installer NT4.0 sur F:, qui est suffisant et ne contiens que quelques fichiers vite déplacés. Heureusement, j’ai les 125 Mb requis pour éviter de passer par l’étape de la création de 3 floppy de boot. Quand je lui indique la place libre en F:, NT propose son formatage en FAT, qu’il convertit après en NTFS. Il signale la partition HPFS, en me recommendant de la migrer en NTFS, ce que je me garde bien de faire.

Finalement, le gros du système s’est chargé correctement. Il me manque toutefois:

  • Le son
  • L’imprimante (mais qui fonctionne depuis la ligne de commande)
  • L’unité HPFS (donc, OS/2)
  • Le CD (!)

La première surprise est que le clavier est « AZERTY »; je m’enpresse de le changer par quelques clicks de souris. Tout semble OK, mais en voulant créer des « utilisateurs » voilà que je constate qu’au LOG, c’est toujours ce satané AZERTY qui est là… Heureusement, pour « Administrateur », le mot de passe que j’ai choisi est un nombre. Chienne de vie; pour voir ce qui va se passer, je sucre après l’avoir cherché, le KBDFR.DLL.

Au reboot… ça plante lamentablement – même pas de clavier QWERTY comme en DOS; je dois « réparer », après avoir fait 3 disquettes de boot. Curieux, le nombre de drivers… Que penser d’un driver VGA? d’un driver floppy? (alors qu’on vient de démarrer sur floppy!). Très malin, le système se débrouille pour savoir quel fichier est porté disparu, et me le repropose. Bien entendu, il faut repartir du DOS, copier 125 MB de fichiers, ect, ect! De plus, le système ne reconnais plus l’HPFS, et je dois ré-installer ce driver. Pour le coup de l’AZERTY, je n’ai rien trouvé de mieux que de copier le KBDFS.DLL en KBDFR.DLL. Suis-je tiré d’affaire?

Mais non! dans une session DOS, coucou me revoilou en AZERTY… N’y tenant plus, au bord de l’apoplexie, je re-sélectionne Clavier Français Suisse, coche « par défaut » et me voilà bon. En tous cas, dans cette session, et le LOG est toujours OK.

Comme j’ai booté de nombreuses fois, me voilà autorisé à vous décrire cette phase in-dis-pen-sable. Ayant vu une unité (la C:) bootable en DOS, NT s’est installé à travers un OS-loader. Il propose:

  • Windows NT
  • Windows NT en VGA
  • MS-DOS

Pour les curieux, le fichier caché dans la racine de C:, « BOOT.INI » contient les textes suivants:

[boot loader]

timeout=30

default=multi(0)disk(0)rdisk(1)partition(2)\WINNT

[operating systems]

multi(0)disk(0)rdisk(1)partition(2)\WINNT= »Windows NT Workstation *Version 4.00″

multi(0)disk(0)rdisk(1)partition(2)\WINNT= »Windows NT Workstation *Version 4.00 [Mode VGA] » /basevideo /sos

C:\= »MS-DOS »

et le secteur d’amorce du disque C: est également copié dans un fichier caché.

Puis, des petits points qui me rappellent le CPM du Commodore 64 viennent. A ce moment le message « Appuyez sur espace pour appeler la dernière configuration connue ». NT supporte plusieurs configurations, mais si vous en faites une, il les propose automatiquement, au moins pendant 30 sec., même si l’on appuie pas sur espace. Puis vient un écran en 43 lignes à fond bleu (comme le C64), où il indique la version qui démarre, la taille mémoire, 1 CPU – puisque NT peut être appliqué à 2 CPUs. Et ne fait rien pendant près d’une minute… au début, je le croyais tout planté. Le disque gratte pendant encore une minute, et l’affichage switche en graphique par hoquets; si vous laissez traîner un CD (surtout audio) dans le lecteur, comptez 25 sec. de plus, car il essaye d’y accéder. Enfin, vient l’invite d’ouverture de session, où l’on doit se logger, par CTRL-ALT-DEL. C’est une astuce de Microsoft pour éviter qu’un petit malin fasse un programme qui y ressemble et vous pique votre mot de passe. Car attention, NT est au niveau C2 de protection definit par le Department Of Defense, soit le DOD. Microsoft ne néglige pas les gros clients potentiels…

Démarrage:

1’55 pour avoir le mode graphique, 2’20 pour se logger (OS/2: 60 sec.)

Bureau:

il ressemble à celui de W95, avec une barre des tâches. Des « objets » – en fait des fantômes d’appel de programme -OU- fichiers peuvent être mis dessus, par l’Explorer (le File manager de NT), avec la commande « Créer un raccourci ». Cette opération crée un fichier avec un nom long « Raccourci vers xxx.LNK » . Ce genre de fichiers est binaire, env. 250 octets. Si c’est un batch d’appel, il vaut mieux le copier, il prendra moins de place. Pour l’utilisateur « Yves », l’emplacement serait:

« F:\WINNT\Profiles\Yves\Bureau »; il est intéressant de noter que tout fichier copié ici sera visible avec un icône sur le bureau dans un délai de 2-3 secondes.

Il n’y a pas de « groupe de programme » ou d’équivalent. A la limite, on peut faire un raccourci à un répertoire, présenté comme une valise. La manipulation des « propriétés », soit de l’environnement dans le quel le programme va évoluer est bien plus limitée pour les application DOS et WIN16 qu’avec OS/2. On va y revenir plus tard.

Contrairement au « Bureau » d’OS/2, les fichiers sont visibles et manipulables. En tant qu’Administrateur, on peut copier par exemple, des bureaux complets avec un click+glisser de souris.

Au départ, le Bureau est peu chargé: Internet,Corbeille,Réception, Réseau,Poste de travail sont les icônes installés.

On peut ressortir des fichiers de la poubelle, ou la vider, contrairement au Shredder d’OS/2; on peut même annuler une suppression d’un « objet » du bureau, ce qui n’est pas possible sous OS/2: les manips sont définitives…

Ligne de commande:

elle s’appelle CMD.EXE, qui se différencie du COMMAND.COM bien connu, MAIS toujours présent. Si c’est une commande DOS que l’on exécute, ce dernier sera lancé de manière totalement transparente, sauf… si un résident est démarré -OU- si l’on invoque simplement COMMAND.COM. Pour s’en assurer, si on lance VER (version), qui affiche « Windows NT Version 4.0 » pour les deux interpréteur, on n’est pas plus avancé. Un moyen simple et de faire un rappel des commande; il ne fonctionne pas en mode COMMAND. C’est d’autant plus difficile de savoir où l’on est que COMMAND a quasi les mêmes fonctionnalités; on peut même relancer un CMD.EXE! Il est également parfaitement possible de lancer EXCEL par l’un ou l’autre, par exemple, ou tout autre outil 32 bits.

Il faut savoir que le batch de démarrage de session est « AUTOEXEC.NT »; il ne contient aucune installation de clavier ou autre, ainsi que dans OS/2, tout est donné par des pilotes autours de la session virtuelle. Ainsi, la config est modifiable par « CONFIG.NT ». La combinaison ALT-ENTER permet de passer de mode fenêtre (taille réglable dans les propriétés) à plein écran.

Help en ligne:

Pauvre, comparé à OS/2. Seul, un programme peut afficher un help en ligne par le paramètre « /? ». A titre d’exemple, sous OS/2, on lance l’aide par ce biais, et elle va extraire une rubrique par le paramètre donné: par ex. HELP PRINT vous liste l’aide de cette commande; HELP SYS026 donne le détail de l’erreur système « 26 », mais visiblement pas sous NT. Par contre, l’enregistreur des événements donne une aide détaillée des problèmes survenus.

Ainsi que sous OS/2, les BAT renommés en CMD fonctionnent bien la plupart du temps. Hélas, même si les commandes à disposition ont légèrement augmenté, on est bien loin du REXX d’OS/2!

Son:

seul le « général MIDI » passe, pas le MPU401 (il veut toujours en plus de l’adresse, une interrupt!), ce qui donne des sons « synthé » un peu tristounet. Un joli son est donné à l’ouverture et fermeture de sessions, mais, malgré leur taille respectable de 439 Kb chacun, il sentent le 8 Bits. Test: si l’on 2Xclik sur un *.MID, il lance le lecteur de son MID et démarre automatiquement, et le ferme à la fin, alors que sous OS/2, on doit besogner et faire ça manuellement. Un 2ème lancement de MID avant que le premier soit terminé pose le problème de la sérialisation des ressources: NT râle en demandant de ré-essayer plus tard. Goulu le dirait: pourquoi ne le fait-il pas lui même, de ré-essayer? La présence d’une carte son permet d’ajouter automatiquement le contrôle de volume dans la barre des tâches

Pour tester en ligne de commande, j’ai essayé:

for %x in (*.MID) do mplay32 %x

Ce qui doit lire chaque MID du répertoire et le jouer – ça marche sous OS/2 – quand on connaît le nom de l’application qui doit jouer ça. Parce que ce n’est pas si évident à trouver… Bon, résultat:

Une pelletée de fois le mplay32 lancés, mais arrêtés, et qui attendent qu’on lance ou tue la tâche. N’essayez PAS cette commande dans un directory pleins de fichier; c’est long à refermer, je n’ai pas encore trouvé le KILL de NT, ni moyen de supprimer une applic sans l’activer. A titre indicatif, sous OS/2, CTRL-ESC appel la liste des tâches (ainsi que W311 et NOVELL), mais NT affiche la barre des tâches. Inutile de dire qu’avec autant d’instances lancées, elle est saturée et l’on ne voit plus tout.

Applications, test.

AFA, le pgm DOS qui permet de faire des scans de fréquence avec une carte SB16, ne la trouve pas – Ne fonctionne pas.

Norton Commander (DOS), fct correctement. Il peut voir des fichier « nom long » et les manipuler, avec un ennui toutefois. Si le fichier s’apelle « huhuhuhuhuhuh », par NC, on verra « huhuhu~1 », sa copie -OU- déplacement va tronquer le nom long contre « huhuhu~1 ».

TERMINATE: j’ai eu la bonne surprise de constater que TERMINATE, que j’utilise pour les connections FIDONET fonctionnait parfaitement sous NT. Sous OS/2 il détecte et profite du time-slicing . Sous NT également! Des transactions aussi bien en fenêtre qu’en plein écran mis en arrière plan fonctionnent parfaitement.

Un test crucial, ou WIN3.11 et OS/2 plantent, c’est de lancer un EXE que j’utilise au travail qui a la particularité d’avoir un résident à lancer avant. Sinon, tout est cassé! mais NT ne se laisse pas faire, affiche une erreur d’accès mémoire et tue la tâche.

Pour les programmes WIN16, j’ai dû ajouter « E:\os2\mdos\winos2\system », soit le path en vigueur des sessions WIN16 sous OS/2 pour que les applications retrouvent leurs DLL sans tout ré-installer.

Inévitablement, des applications un peu trop préhensive sur le matériel sont condamnées. AUDITION, un programme de musique utilisant la SB16 ne va pas bien loin et affiche « Division par 0 »;

WINFO prétend que c’est WIN3.10 qui roule avec 48MB (merci à la SWAP file)!

DUPWIN accède à la disquette sans sourciller (pas sous OS/2, il se fait tuer!)

WINPRN permet d’imprimer en colonne des textes ASCII; sous OS/2, il affiche bien les cadres, les colonnes, mais pour le texte, c’est du chinois… et sous NT aussi.

Tap HP COLORADO T1000

Le tape fonctionne bien sous DOS, mais c’est pénible en monotâche! Heureusement, sous OS/2, avec le pgm de Colorado, il permet de sauver l’HPFS et FAT, et d’écrire des batches qui sauvent ce que l’on veut (Total, incrémental, partiel, ect, ect) et c’est ainsi que je sauve tout et régulièrement pour ne pas être tributaire d’une panne. NT l’a reconnu du premier coup; bien entendu, inutile d’essayer de lire une bande écrite avec le pgm DOS ou OS/2… c’est totalement incompatible. Mais avec le programme de sauvegarde, ainsi que le disait Charly Monod, notre conférencier NT, on ne peut pas faire des merveilles, mais sauver tout ou incrémental. C’est déjà ça! Mais pas moyen d’avoir la compression, ni de savoir combien de bytes sont encore disponibles sur la bande. Problème suivant: comme le tape est connecté sur les disquettes, avec OS/2, un accès à A: bloque le programme ou la session qui attend indéfiniment; et sous NT? c’est pareil, pas de jaloux!

Disque DUR

Pour formater un HD, il faut être Administrateur, ce qui limite les dégâts. L’intérêt de NT est évidemment la gestion de grosses partition, et du marquage au vol des secteurs défectueux. Avec des secteurs de 512 à 4096 (standard pour des partitions supérieures à 2 Go), on ne gaspille pas bêtement de la place. Format permet de préciser quelle taille on veut, sinon, il les calcule selon la taille du disque. Maintenant, Format supporte également les disquettes de 20,8 Mb. NT4 ne gère plus les partitions HPFS (High Performance File System – OS/2), il faut pour le faire se procurer le driver de NT 3.51. Il ne gère pas non plus les FAT32, nouvellement introduite avec Windoze 97. Les noms long vont parfaitement sur disquettes, par exemple; où de cachent les caractères supplémentaires? mystère. En tout cas pas dans un fichier caché, selon la technique d’OS/2.

La copie et destruction de répertoires complets est très rapide, bien plus rapide qu’OS/2, même sur HPFS; le lancement de programme (à part lui même…) est également plus rapide. Il faut dire qu’OS/2 qui lance un programme Windows commence par démarrer un DOS, puis Win-OS2, puis enfin l’application, ce qui le désavantage nettement.

Ainsi que sous OS/2, il est impossible d’effacer, de déplacer un programme lancé; l’accès est interdit durant son fonctionnement, ainsi que vous le montre la session ci-après, où, pour l’essai, je copie NOTEPAD sur disquette:

F:\WINNT\system32>copy notepad.exe a:
1 fichier(s) copié(s).
F:\WINNT\system32>a:
A:\>start notepad
A:\>del notepad.*
A:\notepad.exe
Accès refusé.

Lecteur CD

L’insertion d’un CD musical lance automatiquement le CD-Player, mais pendant la phase de scrutation: Tiens, un nouveau CD? que vais-je en faire? se dit NT4,  le pointeur de souris colle et saute, car pas prise en compte – possible que ce ne soit que pour ma config hardware.

Les CDs Win95/NT s’installent automatiquement grâce à un fichier « Autorun ». Mais si l’installation est temporairement arrêtée (panneau « Continuer » ou autre) et que l’on sort et réintroduit le CD, l’installation démarre une seconde fois… et on ne sait plus ou l’on en est! Est-ce que NT4 le sais ? pas sûr. Comme pour tous les systèmes, il est très peu recommandable d’utiliser le multitâche pendant une installation. ça finit toujours par bégayer.

En première approximation, NT est assez facile à installer, plus rigide avec les programmes, et utilise bien la puissance de la machine. Un hardware solide est cependant nécessaire: voilà pour de premières impressions.

Yves Masur

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