WiFi versus PowerLine

1 06 2008

Lorsque le modem est au sous-sol et le PC dans le salon, vous avez trois options de liaison:

    1 - tirer des câbles dans l’appartement

    2 - brancher deux modem « PowerLine », soit transmettre les datas par le secteur

    3 - connecter par les ondes, soit brancher un routeur WiFi

L’option 1 est la meilleure en terme de bande passant, mais pas très pratique à mettre en oeuvre. Ni à utiliser, si l’on a un portable susceptible d’aller dans n’importe quelle pièce. Le PowerLine fonctionne bien, même s’il est très critiqué par les radio-amateurs (voir: http://www.von-info.ch/technique/plc/PLC.htm ). WiFi a la cote, et prend de plus en plus d’ampleur, les prix chutent.

Voyons donc en détail ce qui diffère des techniques PowerLine et WiFi. Dans les deux cas, la sécurité n’est pas un problème: il suffit d’enclencher le cryptage. Quand à la fiabilité de la transmission, les deux souffrent de faiblesses. Le PowerLine voit sa bande passante diminuer fortement avec le changement de phase et l’introduction de bloc d’alimentation à découpage dans les prises… En effet, les chargeurs de tout poil diminuent de taillent, mais en contrepartie augmentent la fréquence du découpage et, par conséquent, l’injection de fréquences peu compatibles avec des courants porteurs…

L’expérimentation du WiFi montre des variations de la qualité de la transmission inexpliquées, ou bien sûr simplement par l’orientation des antennes, de la présence de murs ou meubles faisant écran. La mobilité est par contre totale. Bien entendu, si vous travaillez longtemps avec le portable, il lui faut une connexion secteur. Mais ça fait un câble de moins comparé au PowerLine.

On remarquera que si quasi tous les portables sont doté d’un élément WiFi, aucun à ma connaissance n’est équipé de PowerLine, qui pourrait par exemple être inséré dans le bloc secteur.

Si les deux techniques de communication de données fonctionnent à satisfaction, laquelle est la plus rapide? Ou d’abord, comment les tester individuellement? Pour cela il suffit de pinger un device connu, puis de retirer le câble réseau ou d’éteindre le module Wifi du PC de façon à n’avoir qu’une liaison active. Le retrait du câble suffira dans mon cas, car c’est la liaison préférée. Mais est-elle la meilleure? Analysons.

Par le câble et PowerLine:

C:\>ping zyxel

Envoi d’une requête ‘ping’ sur zyxel [192.168.1.1] avec 32 octets de données :

Réponse de 192.168.1.1 : octets=32 temps=3 ms TTL=254

Par le WiFi:

C:\>ping zyxel

Envoi d’une requête ‘ping’ sur zyxel [192.168.1.1] avec 32 octets de données :

Réponse de 192.168.1.1 : octets=32 temps=2 ms TTL=253

Ce ping est celui de mon modem routeur ( entre nous, assez minable comme routeur, car le DNS ne vaut que pour 4 adresses). Pour ne pas encombrer l’affichage, j’ai supprimé les autres lignes de la commande ping; par défaut 4 essais sont lancés. On constate que la voie WiFI est meilleure (malgré le passage dans le routeur) que celle du PowerLine, pourtant plus directe au niveau IP. En effet, les modems PowerLine se comportent comme des switch (pas de routage, ni de NAT).

Ceci se remarque par le Time To Live qui passe à 253 par la voie WiFi.

La bande passante est limitée (dans mon cas, bien sûr) à environ 7 Mb/s; tandis que le WiFi affiche 48 Mb/s (avec un max à 54 Mb/s). Ceci s’observe dans le temps de réponse, plus court.

Conclusion (actuelle, compostable…) le WiFi peut remplacer avantageusement le PowerLine.





Worms!

3 09 2005

Mais si, je suis sur que tu te rappelles d’”artillery”. C’était un jeu qui se jouait en général à deux autour d’un ordinateur 8bits 16K de RAM, genre TRS-80 ou VIC-20. Chaque joueur pilotait un petit canon. Fallait donner la hausse et la puissance du tir et essayer de démolir l’adversaire. Les versions sophistiquées avaient un décor un peu accidenté et le vent n’y était pas négligeable. Voilà, tu te souviens, où alors t’es trop jeune, t’étais pas né…Et bien cette glorieuse époque revient revêtue d’une sauce “à la Lemmings” et ça donne le plus super jeu rigolo et simple depuis belle lurette : Worms. Voilà, tu sais quoi demander au papa Noël.Figurez vous N équipes de 4 vermisseaux surarmés (dérision quand tu nous tiens…) qui s’affrontent dans une inouïe variété de décors. Les N équipes peuvent êtres configurées pour être dirigées par des humains où par l’ordinateur, dans quel cas il est même possible de programmer des alliances entre groupes de 4 pour faire de titanesques bagarres. On peut ainsi se retrouver à 4 copains dirigeant chacun une équipe, soit par réseau soit tour-à-tour sur la même machine (ambiance garantie) ou seul contre la machine.Chaque ver bouge tour à tour et eput terminer son coup en construisant un abri PC anti-atomique modèle fédéral (donc totalement inutile et même dangereux dans certains cas) ou creuser un trou ou se balancer au bout d’une corde ou etc etc ou encore tirer un coup. Comme c’est aussi pour les enfants, il s’agit bien sur d’un coup de feu, de bazoka, de grenade, de lance-flamme ou de bombe à fragmentation et pas de ce que vous avez pensé, bande de dévergondés, donc sans aucun effet sur le sain équilibre de notre saine jeunesse.Et là, faut dire qu’on comprend mieux ce cher colonel Duchosal parce que quand ça pête, qu’est-ce que c’est beau! Des vers giclent dans l’azur, s’écrasent au fond de trous béants, s’entrechoquent et s’entrainent dans des chutes fatales ou rebondissent sur des mines bêtement laissées là. Chacune de ces explosions cause un trou énorme qui modifie radicalement le paysage, et donc ravigotte l’intérêt du jeu.Le tout est extrèmement paramétrable : on peut limiter les armes disponibles ou les éléments de défense pour ne pas tolérer l’anti-jeu. En groupe, les alliances qui se font et se défont sont ponctués par les “traîtres” et autres “tu ne perds rien pour attendre” lancés par ces malheureuses créatures virtuelles. Bref, un grand “must”! Merci petit papa Noël et merci qui ? merci…

Phil + Lippe + Gouli + el-Meti (mes 4 Worms…)




Quelques mots à propos du journal Mi-Chronique et de son évolution.

8 11 1996

(lettre lue à l’Assemblée Générale 1996, retrouvée en mai 200 8)

Chers Micro-Clubistes,

Je regrette de ne pouvoir vous dire moi-même ces quelques mots, étant bloqué dans le meilleur des cas quelque part en Valais dans une casemate de béton d’ou ne sort qu’un tube de diamètre 12 permettant de cramer vos impôts à la cadence de Frs 10′000.- la minute environ.

Le ton est lançé, parlons technologies dépassées et pognon! Carlos vous dira sans doute mieux que moi ce que coûte notre journal Mi-Chronique et en particulier son expédition suite aux nouveaux tarifs PTT. Quant à moi, je ne peux m’empêcher de me poser régulièrement la question de l’utilité d’un journal-papier comme organe d’un Club d’informatique. Il est vrai que j’ai reçu quelques échos favorables et marques d’encouragement, mais l’avis silencieux de la majorité silencieuse me fait parfois douter, d’autant que le nombre des auteurs d’articles ces dernières années ne s’est pas étoffé…

Quant on parle “média” aujourd’hui, il est difficile d’éviter “INTERNET” et tous les nouveaux moyens de communication qui y gravitent. Depuis quelques années déjà, j’ai investi un peu de temps à explorer ces possibilités puis à utiliser les outils permettant aujourd’hui de publier sur le réseau des informations presque gratuitement. Depuis quelques mois, le site WWW expérimental du Club offre diverses maigres informations sur notre Club ainsi que les derniers numéros de Mi-Chronique sous forme électronique.

S’il est vrai, et j’en suis bien conscient, que peu d’entre nous ont déjà accès au “réseau des réseaux”, il me paraît certain que la proportion va en s’accroissant et que la mission d’un Club comme le nôtre est d’encourager cette migration. Dans ce contexte, il faut se rappeller que beaucoup de nos membres se sont intéressés au Club via ses activités en téléinformatique, j’ai nommé le défunt Micronet. Les activités de ….(mettre ici le nom du Gentil Membre qui a le serveur FIDO et dont j’ai honte d’avoir oublié le nom) … ont permis une continuité qu’il faut saluer, mais nous devons aller toujours plus loin…

Dans ce but et pour ne pas rallonger le bla-bla, je fais les deux propositions suivantes, que je propose de mettre aux voix indépendament:

  1. Constituer un groupe de personnes intéressées à Internet et chargées de développer notre présence sur Internet et de rendre accessibles ces services aux membres à des tarifs abordables. En pratique, je propose de (chronologiquement)
    • Développer le Site WEB actuel sur Infomaniak. Il faut des personnes intéressées au graphisme et/ou à la publication hypertexte et/ou à la programmation (Java…) Un acces à Internet me semble souhaitable mais pas indispensable. Je pense utiliser “Front Page” de Microsoft qui permet de travailler à plusieurs sur un sitesans trop se marcher dessus…
    • Modifier le serveur FIDO en serveur Web “offline” pour que les membres puissent accéder à notre site uniquement pour commencer.
    • Entamer une réflexion sur la possibilité de créer un ou des serveurs Internet “on-line” pour les membres ou négocier l’accès auprès d’un “Internet Provider” existant.

    En cas d’acceptation, un soutien financier de ce projet serait le bienvenu…

  2. Chaque membre devra choisir l’une des trois manière suivantes de recevoir le journal Mi-Chronique
    • Le membre a un accès Internet et ira lire Mi-Chronique sur le serveur WWW. On enverra un e-mail à tous ces gens pour les prévenir de la parution d’un nouveau numéro.
    • En format HTML par e-mail. Il n’aura donc pas besoin d’un accès Internet mais seulement d’un browser comme Netscape Navigator ou Microsoft Explorer.
    • En papier toujours. Dès que le nombre de lecteurs de papier deviendra inférieur aux lecteurs électroniques, Mi-Chronique ne sera plus joliment mis en forme mais ne sera plus qu’une copie papier du document HTML…

Espérant avoir sucité votre intérêt, je vous remercie de votre attention et vous souhaite une bonne fin de soirée.

Goulu





Echec à Deep Blue

8 04 1996
(document publié dans le Mi-Chronique No 51 d’Avril 2006 et retrouvé en mai 2008 )

Le match d’échecs entre le champion du monde en titre Gary Kasparov et le super-ordinateur “Deep Blue” d’IBM a été largement commenté jusque dans la presse “populaire”. Vous vous souvenez sans doute que Kasparov, après avoir perdu sans appel la première partie a gagné les quatre suivantes. Nous n’allons pas ressasser l’éternelle discussion sur l’intelligence humaine et la stupidité artificielle (ou le contraire, je ne me souviens plus…) mais préciser quelques points techniques sur la programmation des jeux de stratégie en utilisant les échecs comme exemple. Les informations sur la programmation des échecs et “Deep Blue” sont tirées de l’article “Les impossibles en programmation des jeux” dans “Pour la Science” de juin 1995.

L’algorithme minimax.

Les programmes de jeu de stratégie utilisent tous un algorithme dit “minimax” pour évaluer le coup à jouer. Ils procèdent comme un joueur humain débutant en se “demandant” pour chaque coup :”si je joue ce coup, quelle sera la réponse de l’adversaire ?” En partant du principe que l’adversaire joue bien, il jouera le meilleur coup pour lui. Mon meilleur coup sera donc celui qui le forcera à jouer le plus mauvais pour lui, ou plus exactement le coup pour lequel la différence entre mon bénéfice et celui de l’adversaire sera le plus grand. Evidemment, pour juger quel coup l’adversaire jouera, il suffit au programme de renverser les rôles et d’examiner la situation qui résulterait pour l’adversaire d’un coup donné. On applique l’algorithme “récursivement” en considérant que le bénéfice des coups impairs (ceux du programme) doit être maximisé et celui des coups pairs (ceux de l’adversaire) minimisé.Si le programme trouve un coup tel que toute les réponses de l’adversaire mènent invariablement à sa perte, c’est gagné! Le problème, c’est que pour un jeu complexe comme les échecs, il est impossible d’évaluer tous les coups possibles jusqu’à la fin d’une partie.

L’explosion combinatoire.

En effet, l’application simple de l’algorithme “minimax” résulte dans une approche dite “force brute” qui consiste à analyser tous les coups possibles et les réponses à ces coups, puis les réponses à ces réponses etc. On doit donc explorer un “arbre” de coups. A chaque niveau d’analyse, chaque coup donne naissance à de nombreuses réponses possibles à analyser. Pour les échecs, le nombre de coups possibles selon les règles du jeu lors d’une partie “standard” tourne autour de 36 en moyenne. En évaluant un seul échange, on se retrouve avec 36×36=1296 situations à analyser. Un coup de plus et c’est 46656 puis 1′679′616 à la fin du deuxième échange déjà. “Deep Blue” applique “minimax” sur 11 coups ce qui mènerait à près d’un milliard de milliards de situations à évaluer.Ce phénomène est nommé “explosion combinatoire” : le nombre de calculs augmente comme une exponentielle et devient inimaginable : “Deep Blue” a beau évaluer près d’un milliard de coups à la seconde selon ses constructeurs (je doute toujours…), il lui faudrait 32 ans pour explorer l’arbre en entier sur 11 coups…A noter aussi qu’e mettant plein de processeurs en parallèle, on n’accélère qu’un tout petit peu la moulinette : il faudrait 1296 processeurs pour gagner deux coups de profondeur d’analyse dans un temps donné ou réduire à 10 jours l’analyse sur les 11 coups de “Deep Blue”…

L’élagage alpha-beta.

Pour limiter l’explosion combinatoire, une seule solution : limiter le nombre de coups à examiner. C’est là qu’interviennent les apôtres de l’intelligence artificielle : ils proposent tout naturellement de ne pas examiner plus avant les coups “stupides”. Oui mais voilà, qu’est-ce qu’un coup stupide ? C’est un coup qui provoque une telle perte pour le programme qu’il paraît impossible de gagner après ça. Par exemple si on s’aperçoit qu’en avançant tel pion, on sera condamné à perdre la reine quatre coups plus tard, on abandonne.Mais il faut se rappeller que le même algorithme “minimax” est utilisé pour évaluer les coups de l’adversaire. On part donc de l’idée que l’adversaire ne jouera pas de coups sucidaires. S’il en fait quand même, on étudiera la question à ce moment là…

La fonction d’évaluation.

Une autre conséquence du fait qu’on ne peut explorer l’arbre entier, c’est que l’on doit “juger” une situation intermédiaire, être capable de dire “cette situation vaut mieux pour moi que celle-ci”. Numériquement, il faut attribuer une “note” chiffrée à une situation sur l’échiquier. Et ça, c’est pas de la tarte. Si vous montrez un échiquier à un débutant, il va tout de suite appliquer “minimax” intérieurement pour vous dire si cette situation est bonne ou pas. C’est ce qu’on veut éviter avec le programme. On voudrait plutôt s’approcher du champion qui d’un seul coup d’œil vous dit si c’est bon ou pas. Bon, s’il y a un roi entouré de deux fous, deux tours et trois cavaliers ennemis, même moi je peux vous dire que c’est mal barré… Mais pour juger une situation de milieu de partie, tout l’a priori humain entre en jeu.Au niveau des grands programmes d’échecs, il est connu que, poussés au limites, c’est la fonction d’évaluation de leur(s) programmeur(s) qui transparaît. On doit donc associer de très bons joueurs d’échecs à l’écriture d’un programme.

Kasparov a (encore) gagné.

L’ancêtre de “Deep Blue” s’appelait “Deep Thought” (pensée profonde) et a été classé au niveau du 250ème joueur mondial en 1990. “Deep Blue” s’est mesuré au premier mondial, mais sa nette défaite montre qu’il n’est pas encore à la hauteur des tous premiers joueurs, surtout que Kasparov l’a eu comme un pro qu’il est. En effet, la connaissance de l’adversaire est essentielle aux échecs et il ne fait pas de doute que Kasparov est informé sur le mode de calcul des programmes. Il est clair que pendant la première partie il a testé les fonctions d’élagage en prenant des risques et certain qu’il a pu apprécier la “personnalité” de la fonction d’évaluation. Dans les parties suivantes, ses nombreux sacrifices ont à chaque fois servi à masquer des manoeuvres subtiles qui l’ont amené à la victoire.

Let’s Go!

Dans les années septante, un millionnaire américain a offert un prix aux auteurs des programmes qui deviendraient champions du monde avant l’an 2000 dans les trois jeux les plus répandus sur terre : le Backgammon, les Echecs et le Go.Au début des années 1980 déjà, un programme devenait champion de Backgammon. Dans ce jeu, l’aspect aléatoire introduit par les dés est extrêmement facile à prendre à compte par un ordinateur, mais un humain est en général très peu capable de calculer de complexes probabilités.En ce qui concerne les échecs, le suspens est certain. Les auteurs de “Deep Blue” vont tirer les enseignements du match contre Kasparov et revenir à la charge avec des moyens énormes et je dois dire que si je n’ai pas parié grand chose sur Kasparov ce coup-ci, je pense que le “Truc Blue” à venir a de grosses chances.Par contre, pas de souci en ce qui concerne le Go. Avec des pierres blanches et noires à poser où on veut sur un damier de 17×17=289 cases, l’explosion combinatoire est garantie sur facture, l’élagage quasi impossible (il n’y a pas de coup “bête” au Go…) . Le seul espoir est au niveau de la fonction d’évaluation, mais pour battre le champion du monde, il faudra faire une vraie “Intelligence artificielle”. Allez, je rajoute 100 balles à la prime pour celui qui fait un programme de Go champion du monde avant l’an 2100. Carrément.

Goulu le roi des fous.